Les Réseaux sociaux, un outil précieux mais à consommer avec modération

Les Réseaux sociaux, un outil précieux mais à consommer avec modération

Fort de mon expérience avec un groupe Facebook lancé il y a plusieurs mois et qui regroupe à ce jour 6000 talençais, j’ai pris conscience mieux que quiconque de l’importance de cet outil pour échanger et agir en accord avec la population. Sans oublier la fierté et la satisfaction ressentie lorsqu’un problème quel qu’il soit, du doudou perdu et retrouvé, à un éclairage public remis en service, trouve sa solution par l’intermédiaire de ce nouvel outil de communication hyper-puissant. Un outil ô combien bénéfique et indispensable pour une ville moderne plus proche de sa population, à condition d’en maîtriser les limites et les effets pervers.

Les réseaux sociaux, 1er média de France

Nous vivons actuellement indéniablement une transformation majeure de la société et des habitudes d’information. Qu’il s’agisse de recevoir ou diffuser des informations : la télévision, et surtout la radio semblent être en pleine perte de vitesse dans la diffusion de l’information à la population.

Face à l’émergence des médias sociaux et plus largement à la diffusion à outrance de l’information sur les réseaux sociaux par l’intermédiaire du « partage » et « re-partage » continu, le comportement de l’être humain est en passe d’évoluer profondément.

Ainsi, moins de dix ans après la généralisation de la diffusion de l’information par internet ayant déjà bouleversé le paysage des grands noms historiques de la presse, c’est une nouvelle rupture qui est en cours et qui bouleverse l’univers médiatique. L’institut REUTERS d’étude du journalisme le confirme d’ailleurs, avec une majorité de 51% de la population utilisant désormais les réseaux sociaux comme source d’accès à l’information. Au total, près d’un quart de la population n’utilise d’ailleurs qu’exclusivement ces mêmes réseaux sociaux pour accéder à l’information. Facebook, Twitter, Youtube, Snapchat… les réseaux sociaux se multiplient et répondent aux attentes  d’utilisateurs toujours plus demandeurs et toujours plus nombreux.

Les réseaux sociaux, ennemis ou alliés ?

Dans la société actuelle, chaque fait ou événement est désormais partagé sur les réseaux sociaux. L’avantage évident est un partage nettement plus fluide et direct de l’information remontant du terrain notamment lors d’événements majeurs. L’inconvénient majeur qui en découle directement reste la diffusion d’informations non fiables ou non vérifiées, relayées à une vitesse folle par les utilisateurs. A tel point qu’il en devient parfois difficile pour des médias traditionnels, historiques et pourtant très puissants de corriger l’information erronée et de lutter contre les « fakes news », les informations incorrectes ou transformées assez généralement diffusés par des comptes anonymes ou de faux profils dont l’origine est difficile à retracer. La question se pose alors de savoir si les réseaux sociaux, largement utilisés par les mouvances politiques d’extrême droite ou gauche pour déformer certaines réalités ou pour manipuler des informations réelles, doivent être perçus davantage comme alliés ou ennemis des institutions telles qu’une municipalité. La réalité doit être nuancée : si les réseaux sociaux constituent un outil merveilleux grâce auquel la population peut être impliquée directement, et informée en temps réel, il n’en demeure pas moins qu’un contrôle est nécessaire.

Les réseaux sociaux: outil incontournable pour les municipalités

Dès qu’il se passe un événement dans les rues de notre commune, bon nombre d’habitants ont pour premier réflexe de le publier sur les groupes et réseaux sociaux officiels ou non de la ville. Avant même de songer à prévenir…les services municipaux concernés ! Un paradoxe très révélateur de notre société actuelle : susciter des réactions et interpeller d’autres utilisateurs est devenu plus important que d’aller à la source des problématiques rencontrées sur le terrain. Une rue fermée peut ainsi engendrer des centaines de réactions mécontentes sur les groupes, alors même qu’aucun appel n’est passé aux services compétents, alors même que la réponse est généralement logique ou tout à fait comprise et acceptée par les citoyens. Sans oublier que dans la masse des échanges tenus sur les réseaux sociaux et des commentaires publiés à tout va, les propos tenus peuvent rapidement être mal interprétés ou sortis de leur contexte faute de lecture des 300 commentaires précédents…

Mais à côté de ces effets pervers, les réseaux sociaux restent néanmoins largement bénéfiques pour les collectivités locales et les organisations institutionnelles. Les interactions sur les réseaux permettent aux décideurs publics de prendre facilement et rapidement al température du terrain, repérer les sujets particulièrement clivants ou délicats, et surtout être rapidement informés en cas de mécontentement. Ainsi, les réseaux sociaux deviennent les alliés incontournables des municipalités pour leur permettre une plus grande réactivité et ainsi générer de la satisfaction de part une action/réaction rapide aux sujets de mécontentement relayés sur les plateformes en ligne.

C’est notamment sur ce constat que s’est appuyée la ville de Talence pour lancer son service « Allô Talence » qui garantit une réponse dans les 72 heures à toute question qu’un citoyen viendrait à poser.